Le corps : maltraité en entreprise ?

EDinstitut participait à Paris à une journée de réflexion sur la place du corps dans l’entreprise organisée par l’association SOL FRANCE (Société pour l’organisation apprenante).

Selon Pierre Goirand, Membre de SOL France, la place donnée au corps dans le monde du travail a jusqu’à présent été très contrastée. Elle est forte lorsqu’il s’agit de sécurité et d’ergonomie fonctionnelle par exemple en ce qui concerne les interactions homme-machine et les postes de travail. Le corps devient également une préoccupation de l’entreprise quand il dysfonctionne au point d’empêcher la réalisation des tâches notamment lorsque la maladie se traduit en arrêt de travail ou lorsqu’il est attaqué comme dans le harcèlement.

Le reste du temps, en fonctionnement dit «normal », le corps est une donnée pudiquement ignorée. Hormis les formations à la prise de parole et la mise à disposition de salles de gymnastique pour les collaborateurs, le corps est entièrement relégué au domaine individuel et privé. Chaque employé a la responsabilité d’entretenir à sa façon son « outil de production » et de le mettre au service de l’entreprise.

Mais avec le passage de l’économie industrielle à l’économie de l’information, les besoins des organisations s’expriment moins en termes de « mains d’oeuvre » que de « cerveaux ». La question du corps dans le travail se pose alors différemment : en quoi le corps peut-il nous aider ou nous empêcher d’être « intelligent » individuellement et ensemble, et ceci sur la durée ?

La place donnée au corps dans le travail pourrait bien changer rapidement sous l’influence conjuguée de plusieurs phénomènes. Les progrès de la recherche scientifique à la croisée des sciences cognitives, de la biologie et de la neurologie font l’objet d’une vulgarisation sans précédent. La séparation corps esprit particulièrement forte dans notre culture française est une représentation intenable. Cet engouement sur le plan intellectuel amène la question : en quoi nos façons de travailler reflètent-elles ce que nous savons du fonctionnement réel et optimal de l’humain ?

L’évolution rapide de la place du corps dans le domaine privé contribue à accroitre encore le fossé entre le monde du travail et le reste de la société. Ce fossé pose la question suivante : jusqu’où des individus accepteront-ils une vie au travail moins riche et moins unifiée que dans leur vie privée ?

Enfin, les nouvelles maladies liées aux formes qu’a pris le travail dans notre société de l’information et tout particulièrement la multiplication des «burn-out » démontrent les limites d’un rapport à soi qui ignore la réalité physique et émotionnelle au profit d’injonctions du « toujours plus » ou « toujours mieux » gouvernées par l’intellect et la volonté. Ces symptômes invitent à dépasser le seul prisme de la souffrance au travail et de la maladie et à interroger de façon plus générale et plus fondamentale la prise en compte du corps dans le quotidien du travail.

EDinstitut a la volonté de libérer le corps-esprit dans l’entreprise en multipliant les temps de respiration et de sollicitation du corps par la pratique du yoga et des massages.

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